https.not.supported
collaboration alinea x Guillaume Delvigne

14 mai 2019

Collab’ alinea
x Guillaume Delvigne

- INTERVIEW -

Le designer Guillaume Delvigne nous raconte sa collaboration avec alinea et la conception de sa collection capsule outdoor ALDO lancée pour l’été.

Une rencontre portée avant tout par une conviction commune, celle d’un design accessible, pour tous et pour chacun.

Récit d’une rencontre créative et design.

portrait Guillaume Delvigne

Portrait

Originaire de Saint-Nazaire, Guillaume Delvigne débute à Milan, où il collabore avec des designers de renom, puis poursuit sa carrière à Paris et ouvre son studio en 2011. Designer passionné, éclectique, il dessine tant pour de grandes maisons comme pour de jeunes éditeurs. Ses créations, inattendues et sensibles, sont régulièrement saluées par la critique.

Guillaume, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec alinea ?

C’est le bureau de Design et Style d’alinea qui m’a contacté. Ses membres appréciaient mon travail, et pensaient que celui-ci pourrait s’inscrire dans les codes de la marque. Désireux de valoriser la création française et de travailler avec des designers indépendants comme moi, ils étaient convaincus que l’on pourrait ensemble éditer un produit « phare ».

De mon côté, au départ, j’avais une vision d’alinea un peu différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Il est vrai qu’en l’espace de deux ou trois ans, la marque a beaucoup évolué. Je trouve qu’elle est dynamique, qu’elle trace un nouveau chemin, et je sens que cela peut aller encore plus loin.

Le projet de créer une ligne de jardin m’a séduit. Et j’ai senti un réel engagement du côté d’alinea, tout le monde porté par l’envie que les produits soient réussis, faisant le maximum pour qu’ils soient le plus aboutis possible. Ça m’a conforté.

création table et chaise aldo

Qu’est-ce qui vous a convaincu dans ce projet ?

Ce qui m’a plu, d’abord, c’est cette idée de collection outdoor. Je n’avais jamais eu l’occasion d’en faire jusque-là et cela m’animait beaucoup.

Ce qui m’a motivé aussi dans le projet, ce qui m’a toujours motivé, en fait, c’est de faire des objets accessibles. Des objets pour tout le monde, qui soient pertinents et bien dessinés, pour que tous, et chacun, puissent en profiter. Tout au long de ma carrière, j’ai essayé de faire des projets de ce type-là, car cela représente, pour moi, une des raisons d’être du design à la base.

Dans mon métier j’aime faire le grand écart ! Travailler aussi bien pour le luxe que pour la grande distribution, de l’artisanat à l’industrie. C’est quelque chose que j’ai en moi, parce j’ai eu des modèles, quand j’étais plus jeune, qui pratiquaient le design de cette manière, et qui m’ont transmis ce goût. Ça me plait, et je veux continuer dans cette voie.

Comment, dans votre esprit, est née ALDO ?
Quelles ont été vos inspirations pour créer la collection ?

L’une des intentions de départ était de faire un clin d’œil au mouvement Art Déco. Sans tomber dans le pastiche, mais plus en subtilité, par des codes graphiques, formels. Le style des années 1920-1930 est « éternel »… Il résonne très bien avec notre époque. C’est épuré, mais ce n’est pas « asséché ». C’est graphique, avec de la géométrie, des aspérités, de la matière. Cela m’a paru un projet logique, dans l’air du temps.

Pour une ligne de jardin aux accents Art Déco, j’ai très vite pensé à certaines villas d’architectes, comme la célèbre Villa Noailles à Hyères de Robert Mallet Stevens. Des films comme Pierrot le fou ou Le Mépris de Jean-Luc Godard, qui m’ont beaucoup marqués quand j’étais plus jeune, ont également été une forte source d’inspiration pour moi. La Villa Malaparte d’Adalberto Libera à Capri est absolument fascinante et symbolise pour moi l’univers méditerranéen que je souhaitais évoquer et que je sais si cher à la maison alinea…

Plus récemment, j’ai découvert la Villa Necchi de Piero Portaluppi à Milan, un autre monument Art Déco, très cinématographique, que j’avais en tête ...

J’ai recherché cet esprit mais sans son côté « luxe » : la terrasse un peu rétro, dans son plus simple appareil, sans « chichis ». C’est un peu ça, l’ambiance que je souhaitais donner.

la villa malaparte a capri

La Villa Malaparte à Capri, devenue célèbre pour son apparition dans Le Mépris de Jean-Luc Godard (1963)

Comment cela se traduit-il dans la chaise et la table ALDO ?

Le jeu d’ombres, c’est ce qui m’a le plus intéressé. La structure et les ombres qui vont être projetées, c’est là qu’il y a une certaine magie, que j’avais déjà sur mes premiers croquis et qui se produit « en vrai ». D’ailleurs, quand j’ai vu la photo que nous avons faite d’ALDO, j’étais vraiment content parce qu’elle traduit très bien mon intention.

création table et chaise aldo

Chez ALDO, on retrouve également le travail de la géométrie « pure », comme le demi-cercle qui répond complètement aux codes Art Déco. C’est ce genre de forme que je suis allé chercher, ainsi que les lignes, parallèles et répétitives, avec cet aspect très systématique et « bien réglé ». Pas de trait libre à la main ici.

La finition de la chaise n’est pas lisse. Nous avons opté pour du mat avec un léger grain, cela donne quelque chose de plus humain, légèrement plus « rustique », comme pour évoquer les murs à la chaux dans le Sud. Comme un appel à cette mémoire-là. Avec la simplicité et la force du noir.

zoom chaise aldo

Nous savons que vous accordez une grande importance à l’usage de vos créations.
Que dire alors d’ALDO, collection outdoor estivale ?

Il est vrai que malgré la rigueur des lignes, le dossier de la chaise conserve une certaine souplesse, il reste accueillant. La table a un aspect très rond, qui fait écho au dossier en demi-cercle de la chaise. Les deux objets forment une famille. Il est évident qu’en extérieur, pour des moments à partager, on ne pense pas à des objets solitaires. Cela me paraissait cohérent avec le sujet. L’extérieur, la convivialité, l’été… C’est venu naturellement.

nous contacter : 0 969 323 551