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20 novembre 2019

Collab’ alinea x Eugénie Mesquita

- Les confidences d’Eugénie -

alinea soutient la jeune création et présente, à l’apogée de ses 30 ans, deux nouvelles collaborations.
Parce que révéler ces talents qui demain dessineront nos quotidiens est au cœur de nos convictions, alinea rencontre Camille Drozdz et Eugénie Mesquita, qui incarnent cette jeune garde de la création française.
Deux créatrices polymathes, aux inspirations communes, qui partagent une même vision, celle d’un design avisé, sensible et accessible qui accompagne avec émotion le quotidien.
Un design qui résonne avec les valeurs d’alinea.

Quand on interroge Eugénie sur sa personnalité et son travail, elle se confie avec une simplicité rigoureuse et une ligne claire.
Elle se raconte avec réserve mais éloquence. Elle évoque avec nous ses racines, ses inspirations et aspirations. Elle nous livre aussi le plaisir qu’elle a eu à travailler avec alinea et exprime toute l’intention de la collection capsule.

Trois mots pour te définir

Multi-facettes, spontanée, curieuse

Si tu étais…

Un endroit

Une rivière cachée dans la forêt

Un objet

Un fauteuil lounge, dans lequel on s’assiérait aussi bien pour lire, rêvasser, dessiner, que pour boire un verre de vin et discuter avec des amis. En tout cas, un objet aussi bien associé à des moments solitaires qu’à la convivialité.

Une forme

Le rond a quelque chose de l’ordre du calme et de l’harmonie, mais le triangle est une forme très intéressante aussi.

Un courant de style

Je ne peux vraiment pas choisir ! Tous les courants nous ont probablement nourris sans même que l'on s’en rende compte.

@Tristane Mesquita

Le rond a quelque chose de l’ordre du calme et de l’harmonie...

Plûtot…

Designer ou maroquinière ?

Je crois que le mot qui me correspondrait le mieux serait créatrice.
A la croisée du design et de l’artisanat, je dessine aussi beaucoup, je ne me limite pas à une seule « case ». Je suis curieuse, j’ai envie de toucher à tout, de faire dialoguer mes compétences et mes centres d’intérêt, donc j’aime bien le mot plus large de créatrice. Mais cela dépend des projets. Il y a des projets où je mets vraiment mes compétences et mon approche de designer en action, avec une notion de fonction et d’usage plus présentes, et d’autres où je me laisse aller à une recherche plus sensorielle, liée au matériau et à une recherche esthétique.

Rigueur ou fantaisie ?

A première vue, je dirais « rigueur », mais cela dépend aussi de quoi on parle. Dans le design, j’opterais plutôt pour la rigueur, nuancée néanmoins par un côté chaleureux. Dans l’illustration, j’apprécie la fantaisie, les motifs, les couleurs.

Nord ou Sud ?

Pourquoi choisir ? J’adore les mélanges d’influences ! Et les deux font partie de moi. J’ai passé toute mon adolescence dans le Sud de la France, et mon père est d’origine Portugais, donc mon lien au Sud est assez fort. Je suis également émerveillée par l’art et l’artisanat africain, qui me touchent incroyablement. En même temps, j’ai passé la plus grande partie de ma vie à Paris, donc cela me situe plus au Nord. Je ressens d’ailleurs une forte attirance pour les pays du Nord, leur culture et leur façon de vivre. Et il est indéniable que l’influence des pays nordiques - et notamment Scandinaves - sur le design façonne aussi mon regard et mes goûts.

@Tristane Mesquita

Ton inspiration au quotidien ?

Tellement de choses. Tout est potentiellement source d’inspiration. Un détail de couleurs, de textures ou de matériaux aperçu lors d’une promenade, les objets qui m’entourent, un meuble abandonné dans la rue, un objet chiné...

Ton icône / idole ?

Mon inspiration ne peut pas être définie par une seule personne, mais je dirais Charlotte Perriand. Un personnage incroyable, au parcours riche, en avance sur son temps et qui incarne un modèle pour une jeune designer. Sa réflexion centrée sur l’humain, son intérêt pour les classes sociales les plus défavorisées, son influence créative issue de son vécu au Japon m’interpellent et me touchent. Comme la dynamique artistique qu’elle a su créer avec les jeunes créateurs japonais dans laquelle elle n’a pas imposé une vision occidentale.

Ton rêve caché ?

Je rêve de voyager à la rencontre d’artisans du monde entier, d’observer leur travail et d’être initiée à leurs savoir-faire; et peut-être d’en faire un documentaire. Au Portugal, dans la région natale de mon père, j’ai rencontré une vieille dame qui fabrique des tapis en lin sur un métier à tisser qu’elle a elle-même fabriqué. Elle cultive le lin et le transforme en fil. Et elle n’a personne à qui transmettre son savoir. Le fait que des savoirs ne soient plus transmis me rend extrêmement triste. Il serait bon que le parcours solaire intègre une initiation à l’artisanat.

@Tristane Mesquita

Tout est potentiellement source d’inspiration.

Pourquoi...

Le design ?

J’ai choisi le design car c’est un métier ouvert qui touche à plein de domaines. Selon moi, le designer est, par définition, curieux et aime expérimenter. Ça me correspond assez bien.

La maroquinerie ?

Je pense que cela vient de mon attrait pour la couture, que j’ai hérité de ma mère. Puis, parce que le cuir peut être utilisé dans plein de domaines : le vêtement, la lingerie, l’accessoire, le mobilier.... Il peut être souple, rigide, lisse, texturé... les possibilités sont assez illimitées, c’est un matériau très versatile. J’aime aussi beaucoup la façon dont il se patine avec le temps. Cela donne une âme à l’objet.

Une collection d’accessoires ?

C’est une manière de faire le lien entre le design et la maroquinerie, tout simplement. Ce que j’aime aussi avec les accessoires, c’est que ce sont des objets assez intimes, qui nous accompagnent au quotidien.

Peux-tu nous raconter la rencontre avec alinea ?

Notre rencontre est née d’une relation commune. Puis, la collaboration a germé après des discussions passionnées autour de la matière. alinea a découvert mon travail dont celui réalisé autour du cuir, nous avons alors échangé sur nos inspirations et aspirations et la marque m’a proposé de réaliser une collection d’accessoires en cuir. J’ai trouvé enthousiasmant, en tant que jeune designer, de participer à la nouvelle dynamique dans laquelle la marque s’est inscrite depuis quelques années. Je me suis imprégnée de son univers qui m’a séduite ; on partage la passion du design, le sens de l’audace, le goût pour la sensorialité et des racines communes. J’y ai alors apporté ma touche. Ce fut une expérience très enrichissante.

Une certaine sobriété, des formes épurées, une recherche sur la structure de l’objet…

Si la collection alinea x Eugénie Mesquita devait se conter en quelques mots…

Une certaine sobriété, des formes épurées, une recherche sur la structure de l’objet, et des détails qui donnent un petit twist de fantaisie. La courbe est présente mais de manière subtile, pour apporter de la douceur et un côté généreux.

Et dans 10 ans… ?

J’aimerais créer un studio ou collectif de designers et artisans. Le dialogue et les échanges entre disciplines, c’est ce qui m’attire vraiment. J’aimerais mettre en lumière certaines pratiques artisanales un peu oubliées ou en tout cas peu valorisées, les faire dialoguer avec des formes, couleurs ou matériaux plus actuels, réfléchir à comment les intégrer dans nos objets du quotidien.

Et j’aimerais que ce studio de création implique la jeune création, qu’elle impulse des projets liés à la transmission du savoir et à l’expérimentation. Le dialogue entre générations peut donner lieu à des projets très riches, j’en suis persuadée.

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